Une attaque de missiles russes contre une centrale nucléaire pourrait-elle provoquer une catastrophe nucléaire ?

Les frappes de missiles russes contre des centrales nucléaires en Ukraine ont suscité une vive inquiétude internationale quant au risque de catastrophe nucléaire. L'attaque du 26 août visait des centrales nucléaires qui fournissent plus de 55 % de l'électricité ukrainienne. Des experts, dont Mykhailo Honchar, mettent en garde contre les risques graves et appellent la communauté internationale à agir d'urgence pour prévenir une éventuelle catastrophe nucléaire.

La Russie n'a pas simplement tenté de frapper le Système énergétique unifié d'Ukraine par une attaque massive et combinée de missiles et de drones le 26 août. Il s'agissait d'actions ciblées, mais indirectes, visant à atteindre les centrales nucléaires ukrainiennes, qui fournissent plus de 55 % de la production d'électricité du pays. Nos centrales nucléaires constituent un pilier de stabilité dans le secteur énergétique ukrainien.

Qu’a tenté de faire la Russie ? Premièrement, de paralyser nos centrales électriques sans frapper directement la centrale nucléaire ni les installations de distribution à proximité, mais en essayant de détruire les sous-stations périphériques. Il s’agit d’une méthode hybride de neutralisation de la production nucléaire. Deuxièmement, parallèlement, la Russie a lancé une vaste campagne de désinformation contre l’AIEA et visant à discréditer l’Ukraine concernant la situation à la centrale nucléaire de Koursk.

La visite du directeur général de l'AIEA, R. Grossi, à la centrale nucléaire russe de Kourtchatov le 27 août a été organisée avec une extrême rapidité. Malgré sa déclaration selon laquelle la centrale nucléaire de Koursk fonctionne « quasiment normalement », le directeur de Rosatom, Likhachev, présente sa visite comme un accord « sur la réaction immédiate de l'AIEA à toute manifestation d'agression, tant à Zaporijia que dans la région de Koursk », accusant les forces armées ukrainiennes d'avoir bombardé la centrale. D'autres déclarations ambiguës de M. Grossi (concernant le risque d'incident nucléaire et la vulnérabilité des réacteurs de type RBMK) sont interprétées par la Russie comme indiquant que « l'AIEA est du côté de la Russie ».

La Russie, agissant indirectement, tente de contourner l'article 56 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève : Article 56 « Protection des ouvrages et installations contenant des forces dangereuses »

1. Les ouvrages ou installations renfermant des forces dangereuses, notamment les barrages, les digues et les centrales nucléaires, ne doivent pas être attaqués, même s'il s'agit d'objectifs militaires, si une telle attaque risque de libérer des forces dangereuses et, par conséquent, de causer des pertes civiles importantes. Les autres objectifs militaires situés sur ou à proximité de ces ouvrages ou installations ne doivent pas être attaqués si une telle attaque risque de libérer des forces dangereuses et, par conséquent, de causer des pertes civiles importantes.

Les dispositions détaillées relatives à la sécurité des installations dangereuses pendant les hostilités figurent dans le Protocole additionnel I de 1977 aux Conventions de Genève, ainsi que dans le Protocole additionnel II de 1977 et dans le droit international humanitaire coutumier. Les centrales nucléaires sont des installations civiles et, à ce titre, sont protégées contre les attaques directes et les représailles (art. 48 du Protocole additionnel I ; règle 7 du Code international humanitaire). En cas de doute quant à l’utilisation d’une centrale nucléaire comme contribution effective aux hostilités, celle-ci doit être considérée comme civile (art. 52, par. 3, du Protocole additionnel I), même en zone de conflit (Commentaire du CICR sur le Protocole additionnel I, par. 2034). L’obligation pour les parties à un conflit armé de veiller constamment à la protection de la population civile, des civils et des installations civiles pendant toutes les opérations militaires (art. 57, par. 1, du Protocole additionnel I ; règle 15 du Code international humanitaire) revêt une importance particulière dans le cas des centrales nucléaires. Compte tenu du risque de rejets radioactifs et des graves conséquences qui pourraient en découler pour la population civile, les parties doivent faire preuve d'une extrême prudence lors des mouvements de troupes, des manœuvres et autres actions militaires à proximité de ces installations.

Ce que je ne vois pas, c'est une réaction officielle de l'Ukraine. D'autant plus que la Russie bluffe, car si la menace qui pèse sur la centrale nucléaire de Kur était réelle, elle aurait déjà arrêté deux réacteurs en fonctionnement.

Mais nos responsables nucléaires sont de nouveau avides d'une construction majeure (comprenez : d'un vol), cette fois à Tchyryn. Parallèlement, le ministère russe des Affaires étrangères accuse l'Ukraine de « terrorisme nucléaire », alors même que ses forces armées ont pris le contrôle de la plus grande centrale nucléaire ukrainienne et que les forces armées ukrainiennes n'ont manifesté aucune intention de s'emparer de la centrale nucléaire russe lors de l'opération Koursk.

Cependant, là encore, au niveau officiel, nous ne constatons aucune réponse ni contre-mesure adéquate face aux maîtres chanteurs nucléaires racistes.

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